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 Du grain à moudre

Du grain à moudre│09-10

Syndiquer le contenu par Julie Clarini, Brice Couturier Le site de l'émission
Emission  Du grain à moudre

du lundi au jeudi de 18h20 à 19h

L’appartenance post-coloniale, réalité historique ou invention politique ? 0

01.06.2010 - 18:20

La controverse du post-colonial secoue depuis plusieurs années les sciences humaines et sociales françaises ; la querelle qui tourne parfois au règlement de compte nourrit articles et libelle. Et l’on pourrait faire le pari que la tension a probablement atteint son acmé ce printemps.

Qu’est-ce que le post-colonial ? Un courant intellectuel qui s’est développé dans les universités anglo-saxonnes à partir des années 1990,  et qui n’a que récemment surgi dans l’espace hexagonal par les marges du monde académique, porté conjoncturellement par les émeutes de banlieue de 2005. Le post est à entendre dans son acception logique, autant que chronologique, et vise à penser le monde contemporain à la lumière du passé colonial en faisant l’hypothèse que les traces de cette mémoire  façonnent toujours nos corps et nos esprits, que la société française est aujourd’hui parcourue par des fractures que seule explique l’histoire longue de la colonie.

Le problème est que la vertu heuristique de la posture et du corpus post-colonial n’est pas évidente pour nombres de chercheurs. Décevantes dans leur production, ces études tendraient même à réifier la condition des ex-colonisés comme des ex-colons. Bref  ce serait une mode intellectuelle qui aurait tout, dit Jean-François Bayart, « de la coquetterie, à mi-chemin du snobisme américanophile et du masochisme hexagonal. »  Inversement les tenants du post-colonial interprètent cette crispation de l’université française comme un symptôme d’un vieil inconscient scientifique ethnocentrique qui interdit toute remise en cause du récit national.

D’un côté donc –si l’on vise la caricature- , les « méchants chercheurs nationalistes pétris d'automatismes républicains » ; de l’autre, les « chercheurs postcoloniaux faisant fructifier un business stérile mais rapportant une part non-négligeable du marché académique ».

Invités :
Jean François Bayart, directeur de recherche au CNRS (SciencesPo-CERI)
Pascal Blanchard, historien Chercheur associé au Laboratoire communication et politique (CNRS) Co-directeur du Groupe de rechercher Achac

Thèmes : Information| Histoire

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